La première partie de ce projet du cours d'IA a consisté à choisir une oeuvre peinte ancienne, dans l'optique de la transformer en un projet final. Le tableau que j'ai choisi figure dans la collection des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, est daté du XVIème siècle (1565 ac) et peint par Jan Massys. (vous pouvez cliquer dessus pour zoomer sur des détails, plus en bas de page)
La scène se déroule en extérieur, dans un paysage rocheux et boisé, dont l’horizon s’ouvre sur des villes et des montagnes lointaines. Trois personnages occupent le premier plan et dominent presque toute la largeur du tableau. La lumière, soigneusement dirigée, éclaire principalement les corps et les visages, mettant en valeur la carnation des figures et la richesse des drapés, tandis que l’arrière-plan demeure plus sombre et dramatique.
Au centre de la composition se tient Loth, représenté comme un vieil homme aux cheveux et à la barbe blanche. Assis, vêtu d’une tunique sombre aux manches relevées, il apparaît vulnérable et passif. Son corps est légèrement tourné vers la jeune femme située à sa gauche, tandis que son regard se détourne, traduisant une tension intérieure. Ses mains, l’une reposant sur ses genoux et l’autre retenue par sa fille, suggèrent à la fois hésitation et abandon.
À droite, la seconde fille, également élégamment vêtue mais dans des tons plus sombres, présente à Loth une coupe de vin, élément central de la narration. De l’autre main, elle soutient un panier de fruits ; figues, pommes et raisins, posé sur ses genoux. Son sourire et son regard dirigé vers l’homme âgé participent pleinement à la mise en scène de la séduction.
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À gauche de l’arrière-plan, une cité en flammes évoque la destruction de Sodome, soulignée par une atmosphère dramatique faite de fumées et de lueurs traversant le ciel. Deux petites figures ailées, assimilables à des putti ou amours, accentuent le caractère mythologique et allégorique de la scène. À droite, le paysage devient plus apaisé : collines verdoyantes, rivière et arbres contrastent avec un village lointain qui semble toutefois commencer à s’embraser, suggérant une propagation du châtiment divin. Autour des personnages, un cadre rocheux sombre crée l’impression d’une clairière dissimulée ; un lézard posé sur la roche introduit une référence symbolique à la transgression et à l’inceste.
La palette chromatique est dominée par des rouges, des ocres, des bruns et des dorés. La lumière exalte les carnations claires et idéalisées des jeunes femmes, en contraste marqué avec le visage ridé et austère de Loth. L’ensemble confère à la scène une atmosphère théâtrale, oscillant entre intimité sensuelle au premier plan et tragédie morale à l’arrière-plan.L’épisode représenté est tiré de l’Ancien Testament, Genèse 19:30–38. Après la destruction de Sodome et Gomorrhe, Loth se réfugie dans une caverne avec ses deux filles. Croyant l’humanité anéantie, celles-ci décident d’assurer une descendance en enivrant leur père afin de s’unir à lui sans qu’il en ait conscience. De ces unions naîtront les Moabites et les Ammonites. Dans la tradition artistique de la Renaissance, ce thème connaît un large succès, car il permet de conjuguer sujet biblique, moralité et représentation de figures féminines sensuelles. Chez Jan Massys, l’interprétation privilégie clairement l’ambiguïté érotique : le vin, les fruits, les gestes et les regards construisent une scène de séduction plus que de contrition. Le peintre propose ainsi une lecture où la déchéance morale consécutive à la chute de Sodome se mêle à une fascination pour le corps féminin et le plaisir, révélant toute l’ambivalence de la peinture religieuse de son temps.
Ci-dessous, des photos du musée, détails, etc. :
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